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Premier carême : je ne savais pas à quoi m’attendre

  • Photo du rédacteur: Harmony Dumas
    Harmony Dumas
  • il y a 4 heures
  • 6 min de lecture

Vivre le carême et la Semaine sainte de l’intérieur


Quand on n’a pas grandi dans la foi, le carême reste longtemps un mot un peu flou. On sait vaguement qu’il dure quarante jours, qu’il commence avec des cendres et qu’il mène à Pâques, mais on ne mesure pas encore ce que cela implique concrètement dans une vie.L’année dernière, j’ai vécu mon premier carême sans vraiment savoir ce que j’allais traverser. J’y suis entrée par curiosité, avec beaucoup de questions, très peu de repères, et cette intuition diffuse que quelque chose allait se jouer, même si je n’étais pas encore capable de mettre des mots dessus.

Ce que j’ai découvert, au fil des semaines, c’est que le carême n’est pas un exercice spirituel abstrait ni une simple suite de règles à appliquer, mais un chemin qui se vit dans le corps, dans le cœur et au milieu d’une communauté.


La messe du mercredi des cendres : commencer sans comprendre


mercredi des cendres pole missionnaire de lagny sur marne

Mon premier carême a débuté un mercredi des cendres, à la messe de 8h45 à Notre-Dame des Ardents. Je savais simplement qu’on allait m’imposer des cendres sur le front. Je ne comprenais pas encore leur sens profond, mais j’étais curieuse, presque impatiente de vivre ce premier moment que l’on me présentait comme une entrée importante dans l’année liturgique.


L’église était pleine, notamment avec la présence des jeunes de l’école Saint-Laurent, et cette affluence m’a déjà interpellée. Lorsque les cendres ont été déposées sur mon front, je n’ai pas ressenti de bouleversement particulier. Rien de spectaculaire. Simplement la conscience que je mettais le pied dans quelque chose que je ne maîtrisais pas encore.


Le soir même, je suis retournée à la messe, cette fois à Thorigny. Là, j’ai été profondément impressionnée par la foule. L’église était bondée, il m’a fallu du temps pour trouver une place où me garer, et je me suis retrouvée au milieu de beaucoup de jeunes, de familles, de visages inconnus. Je ne comprenais toujours pas ce que le carême allait me demander, mais je sentais déjà que ce moment comptait pour beaucoup, et qu’il ne s’agissait pas d’une simple habitude religieuse.


« Le carême, c’est quoi au juste ? »


Au début, je me suis demandé très simplement ce qu’on attendait de moi pendant ces quarante jours. On me parlait d’attente, de conversion, d’efforts, sans que je sache vraiment comment les vivre. Comme beaucoup, j’ai commencé par chercher un effort de carême assez classique, en me privant de certaines choses, comme le chocolat, et en jeûnant le vendredi. Honnêtement, la première année, cela n’avait pas encore beaucoup de sens pour moi. Je faisais les choses, mais sans en percevoir toute la profondeur.


Pourtant, quelque chose se mettait en place doucement. Chaque messe, chaque chemin de croix, chaque temps proposé par la paroisse venait s’inscrire dans un mouvement plus large. Je ne comprenais pas tout, mais je laissais les choses me traverser, sans chercher à tout analyser.


Les premiers pas du carême : chercher, tâtonner, essayer


Comme beaucoup, j’ai commencé par me dire qu’il fallait faire un effort de carême. Le chocolat, par exemple. Le classique.

Mais honnêtement, la première année, ce n’était pas encore descendu. Je jeûnais le vendredi, oui. Mais je ne comprenais pas encore profondément pourquoi.

Et pourtant, quelque chose se mettait en place. Pas spectaculaire. Mais réel.

Chaque messe, chaque temps proposé, chaque vendredi de carême faisait partie d’un chemin. Je ne comprenais pas tout, mais je me laissais traverser.


Les Rameaux : la joie avant l’épreuve


Dimanche des rameaux à lagny sur marne

Le dimanche des Rameaux a apporté un tout autre climat. Il y avait cette joie d’être rassemblés, cette entrée solennelle dans la Semaine sainte, cet accueil du Christ à Jérusalem. Les chants, les rameaux, la foule donnaient à cette messe une dimension très lumineuse.


En même temps, sans que je puisse encore l’expliquer clairement, je sentais que cette joie portait déjà en elle quelque chose de fragile, comme une annonce silencieuse de ce qui allait suivre.


La Semaine sainte : le silence, la croix, le poids


La messe de la Cène, le Jeudi saint, m’a profondément marquée par sa simplicité. Le dernier repas du Christ, le geste du don, le silence qui commence à s’installer. On ne repart pas comme après une messe ordinaire, on veille, on reste, on sent que l’on entre dans un temps à part.

Plus de musique, plus de chants, seulement la croix. Le silence. Le manque. Une tristesse réelle.J’ai ressenti un poids intérieur, une gravité profonde, mais qui me semblait juste, presque nécessaire. Comme si l’Église nous donnait la permission de regarder en face ce que nous cherchons souvent à éviter : la souffrance, le doute, la mort.


Ce silence n’était pourtant pas vide. Il était habité, dense, presque palpable. Cette célébration, par son dépouillement extrême, m’a touchée bien plus que je ne l’aurais imaginé.


Le chemin de croix : oser vivre sa foi au grand jour


Le chemin de croix vendredi saint Lagny-sur-marne

L’un des moments les plus marquants de ce carême a été le chemin de croix du Vendredi saint dans les rues de la ville. Je me souviens très bien du départ, sur la place du Fort. Nous étions peu nombreux au début, une petite quinzaine, et je me demandais si d’autres allaient nous rejoindre. Peu à peu, le groupe s’est agrandi, et j’ai été surprise de voir arriver autant de personnes.


À ce moment-là, une inquiétude est montée en moi. J’avais l’impression que vivre sa foi en dehors des murs de l’église était presque déplacé, comme si l’on risquait d’être jugés ou incompris. Et pourtant, malgré cette crainte, j’avais profondément envie de vivre ce chemin, de suivre la croix, d’entrer dans la souffrance du Christ qui avance en sachant ce qui l’attend.


Les textes proclamés tout au long du parcours étaient lourds, exigeants, profondément incarnés. La souffrance, le fardeau, l’abandon, la fidélité jusqu’au bout. Tout cela descendait au cœur. C’était éprouvant, mais c’était beau, et surtout très vrai.


La vigile pascale : passer de la nuit à la lumière


Les catéchumènes futurs baptisés le soir de la vigile pascale

Puis est venue la vigile pascale.

Ce soir-là, il pleuvait abondamment. Sortir un samedi soir, sous une pluie battante, pour passer plusieurs heures à l’église demandait une vraie détermination. Et pourtant, ce fut l’un des plus beaux moments que j’ai vécus depuis mon arrivée dans l’Église.


Nous étions dans le noir, chacun tenant un cierge, entourés des catéchumènes qui attendaient leur baptême. Les lectures s’enchaînaient, le temps semblait suspendu, jusqu’à ce que la lumière jaillisse et que toutes les lampes s’allument. À cet instant précis, j’ai compris que tout le chemin du carême conduisait là. À cette lumière qui n’efface pas la nuit, mais la traverse.


Ce que j’ai compris, lentement


Je n’ai pas tout compris lors de ce premier carême, et je sais qu’il me faudra encore plusieurs années pour en saisir pleinement la richesse. Mais j’ai compris que le carême n’est ni une performance spirituelle ni une suite d’obligations à remplir.


C’est un temps pour se rendre disponible, progressivement, humblement, au milieu d’une communauté. Vivre ces étapes en paroisse m’a permis de comprendre que l’on ne chemine pas seul, et que l’Église est précisément ce lieu où l’on apprend à avancer ensemble.


Invitation


Si vous entrez dans le carême sans trop savoir ce qui vous attend, rassurez-vous : c’est normal. Le carême ne se comprend pas d’un coup, il se vit, pas à pas.


Je vous invite à le vivre dans vos paroisses, entourés, accompagnés, en acceptant de ne pas tout maîtriser. C’est souvent là, dans cette disponibilité, que Dieu vient travailler le cœur en profondeur.


🕯️ Commencer le Carême : la messe des Cendres


Le Mercredi des Cendres marque l’entrée concrète dans le temps du Carême.C’est un moment fort, souvent vécu même par celles et ceux qui se tiennent plus loin de l’Église, pour recevoir la croix de cendres et s’engager sur ce chemin de conversion.

👉 Retrouvez toutes les informations et les horaires des messes des Cendres au Val de Lagny : https://www.paroisse-valdelagny.fr/post/messe-des-cendres-careme-2025


📖 Comprendre et vivre la messe pas à pas : le Missel Vivant


Quand on découvre la foi ou que l’on débute dans la vie chrétienne, il n’est pas toujours facile de comprendre les gestes, les paroles et les temps de la messe.

Le Missel Vivant propose un accompagnement clair et pédagogique pour :

  • comprendre le déroulement de la messe,

  • entrer dans le sens des gestes et des prières,

  • prier plus profondément, notamment pendant le Carême et la Semaine sainte.

Découvrir le Missel Vivant : https://missel.online/


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